Qui veut épouser Astier ?

Alexandre Astier et Chantal, de "Qui veut épouser mon fils ?", en 2010 (source : capture d'écran "Morandini !")
Alexandre Astier et Chantal, de « Qui veut épouser mon fils ? », en 2010 (source : capture d’écran « Morandini ! »)

Sous la moustache bien taillée, il reste parfois des poils revêches, de ceux qui grattent, irritent ou se faufilent entre leurs pareils bien lisses et policés pour pointer le bout de leur cuticule. L’un d’eux pourrait être Alexandre Astier. Le créateur de la série Kaamelott a des opinions bien tranchées sur des sujets sociétaux, politiques et d’actualité. Sa verve et son sens de la répartie font parfois des ravages…

Nous sommes en 2010. L’équipe de France de football est rentrée de son camp de boy-scouts après un petit safari, en bus, jusqu’en Afrique du Sud ; Vancouver a investi dans des seaux de peinture blanche pour en tartiner le joli gazon bien vert de ses JO d’été hivernaux ; les pélicans floridiens ont moyennement apprécié leur bain de boue et soins du corps gracieusement offerts par la maison BP, à l’explosion d’une plate-forme dans les Caraïbes ; Haïti devient l’ambassadeur de la firme Lego après que la terre s’est ressentie d’une poussée de Parkinson… et, surtout, quatre millions de Français se passionnent pour un menu maxi-Tanguy sauce télé-réalité, « Qui veut épouser mon fils ? ».

Ce programme, diffusé sur TF1, suit cinq fi-fils à leur maman qui vivent encore chez leurs parents – dont l’un, Giuseppe, a bientôt 40 ans. Si certains dorment encore avec leur génitrice, tous cherchent l’âme sœur. Et quand on cherche, on trouve, c’est simple et bien connu. Un programme intellectuel, vous l’aurez deviné, qui, comme tout programme intellectuel, génère disputes de haut-vol, échanges nourriciers, partages de concepts et philosophie de cupcake.

Marie-France, de "Qui veut épouser mon fils ?", en 2011 (source : capture d'écran NRJ12)
Marie-France, de « Qui veut épouser mon fils ? », en 2011 (source : capture d’écran NRJ12)

Alors, quand l’émission de la discorde s’invite à la table des médias, il y a de la bouffe et de la vaisselle qui vole.

Nous sommes sur Direct 8, dans « Morandini ! ». A gauche de la table : Chantal, la maman d’Alban, et Marie-France, celle du-dit Giuseppe – dont les lèvres rappellent qu’il n’existe malheureusement pas encore de guide Michelin des praticiens de l’esthétique. A droite de la table : Alexandre Astier – auréolé de ses derniers succès. Mesdames et Messieurs, à vos pop-corns… « Crouch. Touch. Pause… Engage ! »

Quel regard porte le comédien lyonnais sur « Qui veut épouser mon fils ? » ? Sa réponse : « Je pense que c’est grave. Je pense que c’est très grave. Pas vous, Mesdames (en s’adressant à Chantal et Marie-France), je sais que vous êtes formidables (ironique). Je pense que d’en arriver là… A un moment donné, j’aimerais bien qu’une fois, sur les grandes chaînes, à des heures, comme ça… on voit des gens brillants, qui nous inspirent quelque chose, qui ont un truc de plus que nous, qui nous filent l’envie de comprendre des choses sur le monde, sur ce qu’on est. » Et Astier de conclure : « De mettre en scène le discours abscons et la médiocrité, ça me saoule. »

Bim.

Les hostilités sont lancées sans ultimatum. Ces Dames fort élégantes répliquent d’un cinglant « No comment »« C’est pas tellement fait pour être commenté », renchérit notre premier duelliste. Une minute et quarante-cinq secondes de piques, giflettes et sarcasmes ô combien savoureux pour une séquence qui a fait le tour du web.

Astier : « Jean-Marc, je suis séché… »

Et qui, après un interlude promo, offre un bouquet final à 5’25 de la vidéo ci-dessous, Marie-France et sa diction laborieusement liftée désirant porter une ultime estocade, telle une maroufle* éventrée par le lion enragé qui, au sol, dans un sursaut d’agonie, tente un ultime soufflet de ses sabots manucurés. Un coup terrible, porté par l’énergie du désespoir… Astier tombe au sol, sonné, aux côtés de sa victime.

« Jean-Marc, je suis séché », reconnaît le roi de la jungle. Match nul.

  • * Le Blog du Gnou éclairera les petits curieux avides de connaissance que vous êtes sur la « maroufle ». Ou l’utilisation de Gimp et Linux, mais la soif d’érudition n’a pas de frontières : « La femelle du gnou est encore appelée la maroufle, et les petits sont des gaous. Ils sont une proie facile pour les prédateurs, bien qu’ils soient capables de courir seulement trois minutes après leur naissance. » 

Article écrit par R. Le Grognard

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s