Quand les polluants s’achètent une légitimité écologique

Prévisions des hausses de température à l'horizon 2070-2100 (source: Wikipédia)
Prévisions des hausses de température à l’horizon 2070-2100 (source: Wikipédia)

Scandale dans le milieu de la recherche climatique : un scientifique, qui militait pour la non-régulation des émissions de gaz à effet de serre, était en fait subventionné par des lobbies industriels.

Il affirmait depuis des années que le réchauffement climatique était dû aux variations de l’énergie solaire. Que l’activité humaine et les émissions de gaz à effet de serre n’avaient pas d’influence majeure. Mais Wei-Hock Soon, un astrophysicien de renom, était, en fait, subventionné par l’industrie fossile.

Employé par le Harvard Smithsonian Center for Astrophysics, ce scientifique américain aurait touché pas moins de 1,2 millions de dollars de la part de lobbies industriels pour mener ses recherches. Pour autant, il s’est bien gardé de mentionner ces conflits d’intérêts dans ses travaux… 11 de ses articles publiés depuis 2008 oublient d’en faire état, dont huit qui violeraient les règles déontologiques des publications lui ayant donné la parole.

1,2 millions de dollars de la part de lobbies industriels

Greenpeace a invoqué le Freedom of Information Act pour se procurer la correspondance de « Willie » Soon, ce dernier travaillant pour une agence fédérale contrainte à cette transparence avec quiconque en fait la demande. Une correspondance révélant que l’intéressé signait sciemment des interventions complaisantes avec les intérêts de ses mécènes, biaisant jusqu’à l’audition qu’il fit devant le Congrès américain sur le réchauffement climatique. Ce sont, d’ailleurs, ces mécènes qui les validaient avant publication.

Parmi eux, une filiale de la Southern Company, qui s’illustre par du lobbying contre la régulation des émissions à effet de serre depuis des années. Ou la fondation de Charles G. Koch, ce dernier étant copropriétaire de Koch Industries, une société générant pas moins de 116 milliards de dollars de chiffre d’affaire grâce à des activités dans le pétrole, la chimie, l’énergie, les engrais, le gaz naturel, le plastique… Voire Exxon Mobil et l’American Petroleum Institute jusqu’à dernièrement.

Son témoignage devant le Congrès américain était biaisé

Depuis des années, Wei-Hock Soon affirmait que l’activité humaine et les émissions à effet de serre n’avaient qu’une influence mineure sur le réchauffement climatique. Ce réchauffement serait principalement la conséquence de changements réguliers dans l’activité solaire. Une façon de délégitimer les tentatives de limitation dans ce domaine et de soutenir les intérêts des gros polluants de ce monde. Pourtant, d’après ses contradicteurs, le scientifique incriminé utilisait des données et des études obsolètes pour étayer ses thèses.

Après ces révélations, Soon n’a pas encore réagi. Par le passé, il avait martelé que ses éventuels financements industriels ne biaisaient pas la justesse de ses travaux. Dans les colonnes du New-York Times, Charles Alcock, directeur du Harvard Smithsonian Center for Astrophysics, a confié que l’affaire n’en resterait pas là : « Je pense que c’est un comportement inapproprié. Cela devient une question personnelle, que nous devons régler en interne avec M. Soon. »

Article écrit par R. Le Grognard

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