« Le golf est un sport propice à inspirer une forme d’imagination artistique »

Le Old Course de Saint-Andrews, en 1891
Le Old Course de Saint-Andrews, en 1891

Il fait du golf un art et de la Normandie le terreau de son inspiration : Hubert Privé nourrit sa créativité de sa passion pour les clubs, les greens et la petite balle blanche. Cet artiste-créateur, puisque c’est ainsi qu’il se décrit, propose des œuvres originales qui détournent les formes, le matériel et l’environnement du golf. Un mariage assez étonnant qui, s’il se rapproche de l’artisanat, n’en crée pas moins des compositions assez fraîches et souvent drolatiques. Rencontre teintée d’un peu de golf, d’un peu de Normandie, tout ça, pour se détendre…

Le golf et l’art, drôle d’association, non ? Qu’est-ce qui vous a amené à faire du golf une source d’inspiration ?
Je dois dire que cela s’est imposé à moi, simplement et naturellement. J’ai toujours fait travailler mon imagination et je suis très créatif par nature, en toute objectivité et sans prétention. Ainsi, les sujets qui me passionnent sont des sources d’inspiration qui soutiennent ma créativité et mon travail. Je ne cherche pas : plus je vis le golf, plus les idées me viennent naturellement.

Bobby Jones, âgé de 14 ans, en 1916 (source : The American Golfer, vol. XVI)
Bobby Jones, âgé de 14 ans, en 1916 (source : The American Golfer, vol. XVI)

La rigueur que l’on retrouve dans le golf est un terreau fertile pour la création ?
Tout à fait ! L’éthique sportive, plus particulièrement l’éthique golfique, m’a inculqué des valeurs très fortes, qui, selon moi, sont fondamentales à la création. Vous parlez de rigueur, mais la droiture, la persévérance, l’humilité sont tout aussi importantes. Tout comme la frustration ! Dans presque toutes mes œuvres, il y a une deuxième lecture.

Pourtant, on ne peut pas dire que le sport et l’art aient souvent fait bon ménage…
C’est vrai qu’il y a peu d’artistes inspirés par le sport. Encore moins par le golf (rires) ! Peut-être est-ce dû à son image élitiste ? Je ne sais pas trop. Personnellement, je trouve que c’est un sport propice à inspirer une forme d’imagination artistique par ses nombreuses règles, son environnement, là où on le pratique… Tout cela crée une philosophie très inspirante. Mais il faut conserver une certaine distance face à la création et à l’art en général. Le golf est déjà bien assez envoûtant, alors gardons les pieds sur terre (rires) ! C’est aussi pour cela que j’essaie d’instiller de l’humour dans mes œuvres. Démystifier tout à la fois le golf et l’art, un peu comme pouvaient le faire les artistes « dada ». Leur travail était souvent très drôle.

« L’éthique golfique m’a inculqué des valeurs fondamentales »

Vous êtes Normand, né et vivant encore en Normandie… C’est quelque chose de fort, qui sous-tend aussi votre travail et votre démarche ou cela n’a pas d’influence ?
Quelque chose de fort ? Non, vraiment, je ne sais pas… Honnêtement, je suis attaché à la Normandie parce que j’y suis né, que j’y ai grandi, que j’y ai vieilli… C’est ainsi. Mon attachement à la région tient avant tout à la famille, à ses paysages variés – et à la gastronomie aussi (rires) ! Mais j’ai une grande capacité d’adaptation. Mon chemin pourrait se poursuivre ailleurs sans aucun problème.

Les falaises d'Etretat, en Normandie (Creative Commons)
Les falaises d’Etretat, en Normandie (Creative Commons)

Vous parlez de paysages, de gastronomie… mais c’est quoi, la Normandie, aujourd’hui ? On peut encore parler d’« identité normande » ?
Oui, je crois vraiment que cette identité normande existe toujours, ce n’est pas une vaine expression. Je pourrais vous citer le lait, tous ses produits, la crème, le beurre, le Camembert, le Livarot, le Pont-l’évêque… Mais il y a les boissons, aussi, avec le cidre, le poiré, le calvados, etc. Sans oublier les forêts et la chasse, l’agriculture et l’élevage, les haras et leurs chevaux… et la mer et ses poissons, bien entendu ! Bref, la liste est longue, mais toutes ces choses, tous ces « traits » d’un caractère normand font encore la Normandie aujourd’hui.

« L’identité normande existe toujours »

On sent que vous l’aimez, cette région… Qu’est-ce qui fait sa différence ?
Tellement de choses… J’aime cette authenticité de la Normandie, ce quelque chose de très brut et beau à la fois à proximité de Paris. Le ciel si changeant, la nature, l’histoire, la diversité des paysage, les plages, le patrimoine… On y sent ce quelque chose de vrai qu’on ne retrouve nulle part ailleurs.

Et ses golfs !
C’est sûr ! Les parcours y sont vraiment beaux et très variés. Moi, j’ai débuté le golf à Center Parcs, dans l’Eure, un 9 trous sur lequel j’ai la chance d’habiter. Cette proximité me permet de m’entraîner régulièrement ! Que voulez-vous… Après un certain âge, les sports collectifs deviennent vraiment trop physiques. J’ai commencé un peu par hasard, mais, si j’avais su, j’aurais aimé débuter beaucoup plus tôt. Enfin, mieux vaut tard que jamais !

Interview réalisée par R. Le Grognard

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