Desproges : « Je me situe comme artiste dégagé »

Pierre Desproges à Morlaix, en 1985 (Roland Godefroy - Creative Commons)
Pierre Desproges à Morlaix, en 1985 (Roland Godefroy – Creative Commons)

Pour se détendre, il y a Pierre Desproges, qui met le doigt sur les crispations d’une époque, et des autres – les mêmes trente ans plus tard. Pour cet ancien apprenti-kinésithérapeute, de mettre le doigt à faire un doigt (voire plus), il n’y avait qu’un pas, tout juste quelques années. Mais, le 20 février 1988, c’est le bras d’honneur, plutôt que le doigt, qu’il adresse à Patrick Sabatier. Parce que « la vulgarité, ce n’est pas dire des gros mots, c’est Patrick Sabatier qui fait semblant d’être apitoyé par le destin d’une matrone variqueuse dont il n’a rien à foutre, et qui lui offre une Fiat alors qu’elle ne sait pas conduire ». Ce 20 février, Bernard Rapp reçoit Desproges dans « L’Assiette anglaise », sur Antenne 2. C’est cynique et l’on se prend à quelques rires bourgeois, un peu retenus. Ou de grands éclats, ceux d’une forme de vérité.

Des pauvres
« Ça me fait penser à un proverbe chinois qui dit : les pauvres, il faut leur apprendre à pêcher, c’est plus utile que leur donner… Pour ça que j’aime pas tout dans les Restos du Cœur. […] Si on me laissait, à moi, le pouvoir, j’aurais une proposition à faire : j’aimerais qu’en tant que paix, les riches aient le droit de prendre la sueur au front des pauvres et qu’en tant de guerre, les pauvres aient le droit de prendre la place des riches, au front également. C’est un début de programme, hein ! »

Le style Desproges…
« Il y a Poivre d’Arvor, un ami à vous,
qui est con comme la bite à sa marraine. »

« A trop manger sa mère, on devient
orphelin. »

« Il y a une façon de montrer son cul
pour cacher son cœur qui est peut-être
une marque de pudeur. »

« Tous les soirs, j’attaque haineusement le
cintre qui est pour moi l’ennemi des ennemis,
avec Sabatier, de l’humanité. »

De l’engagement
« Je me situe comme artiste dégagé par rapport aux artistes engagés qui osent critiquer Pinochet à moins de 10 000 kilomètres de Santiago. Ce genre de choses… C’est peut-être une lâcheté que de ne pas s’engager… Mais je crois que c’est bien d’être dans le doute. Moi, je ne suis pas sûr que la droite ce soit bien et je ne suis pas sûr que la gauche ce soit bien. Et je considère comme un devoir physique que de ne pas voter. »

De la politique
« [La politique], ça m’intéresse de très loin. Je ne vois pas la différence entre Barre et Mitterrand. Si c’est ça, voir la politique de près, je ne vois pas. Pour moi, c’est le même qui fait les deux. Si on réfléchit au bilan de la droite et au bilan de la gauche… C’est ce que j’expliquais, il n’y a pas longtemps, au député-maire de Saint-Nazaire, qui m’a très bien reçu et qui m’a saoulé la gueule après le spectacle que j’ai fait dans sa bonne ville, et il me disait : « Quand même, nous, la gauche… » Qu’est-ce que vous avez fait de plus que la droite ? Alors il m’a dit : « Quand même, nous on a supprimé la peine de mort. » Je lui ai dit « oui d’accord, mais ça concerne qui ? Combien de personnes. Grotesque. »

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